lundi 5 décembre 2022
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101 ans de la fondation du Parti Communiste de France

Il y a 101 ans, le 30 décembre 1920, à Tours, à l’appel de la IIIe Internationale dirigée par le Grand Lénine, des socialistes décidaient de se constituer en Section Française de l’Internationale Communiste qui deviendra par la suite le Parti Communiste de France. 

Par cet acte transcendant, le prolétariat se dotait d’un Parti de nouveau type, instrument de la conquête du pouvoir et de l’établissement d’une nouvelle société socialiste. Sans lui, le prolétariat est orphelin, il ne peut accomplir sa tâche historique d’émancipateur du vieux monde. Il est nécessaire de lutter pour reconstituer le Parti du prolétariat, seul à même de guider les larges Masses sur le chemin de la conquête du pouvoir, dans la lutte à mort entre Révolution et contre-révolution. Le Parti, dans sa première phase, est passé par de nombreux bonds et détours, suivant le développement de la matière. Bien qu’on ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve (Héraclite), nous devons apprendre de notre passé.

Pour cela, nous tirons quelques enseignements de notre glorieuse Histoire, que nous pensons valables pour toute politique révolutionnaire conséquente.

  • Le besoin d’une organisation centralisée, invisible et protégée des yeux, des oreilles et des mains de l’ennemi est le grand impératif de notre époque. Être prêts pour les temps troublés auxquels personne ne pourra échapper. C’est éviter l’implosion de l’organisation révolutionnaire sous les coups de la répression soudaine, comme l’a vécu le PCF en 1939. Après la signature du pacte Molotov-Ribbentrop, le PCF fut interdit et les militants pourchassés et embastillés par milliers. L’invasion par les Nazis suivit peu après, et ce fut un calvaire pour reconstituer l’organisation. Une organisation centrale véritablement secrète et clandestine aurait évité bien des déboires.
  • Former une militance avec une haute exigence idéologique et pratique. Dans notre histoire, les Communistes ont toujours touché beaucoup plus large que leur base. Par leur dévouement, leur discipline, leur mobilisation, leur service, ils ont toujours été reconnus et cela même par l’ennemi. Par nos efforts, nous devons réduire nos faiblesses, aggraver les leurs, accroître nos avantages, c’est comme cela qu’ils ont pu mobiliser de larges Masses durant l’entre-deux-guerres. Bien que peu nombreux, c’est par leur action déterminée qu’ils ont pu lever les Masses contre la guerre coloniale dans le Rif marocain. C’est la première grande lutte anticoloniale de l’histoire de France où il aura fallu un courage immense contre des militaires et des réactionnaires colonialistes et fous de rage.
  • S’immerger dans les Masses, tel un poisson dans l’eau. Les Masses sont tout pour nous. Elles sont l’épée, le moteur, le combustible, l’âme, le bouclier de la Révolution. Nous devons faire en sorte qu’elles se représentent en nous leur plus fol espoir, celui de leur émancipation par l’exercice direct du pouvoir. Dans les années 30, guidées par les communistes et les antifascistes sincères, les Masses furent le bouclier qui s’opposa au fascisme. Les Masses font l’Histoire, mais elles sont malléables, elles peuvent être détournées, instrumentalisées, certes pour seulement un temps, mais cela peut nous causer de grands dommages. Se lier aux Masses est la principale action révolutionnaire de notre époque.
  • Faire preuve d’initiative, combattre la passivité. Nous avançons toujours dans un trou de souris, entre la Réaction et nos erreurs. La passivité est un venin qui sclérose les problèmes, qui les aggrave. Être passif, cela signifie refuser de résoudre les problèmes. Avoir l’initiative est le seul anti-venin au blocage, c’est surmonter les difficultés dans le mouvement.  Le doute, lui aussi, ne peut être vaincu que par l’initiative, alors nous devons toujours la conserver quoi qu’il arrive et cela de manière collective et individuelle. C’est cet esprit d’initiative qui a fait choisir aux communistes la Résistance armée et non la passivité pacifiste prônée par les gaullistes, et c’est le manque d’initiative qui leur fait échapper le pouvoir des mains après l’insurrection parisienne en 1944. Mais cela ne fut pas simple, l’Internationale Communiste poussa les Français à « sauter dans le Dniepr », la direction dût envoyer ses meilleurs cadres au feu pour montrer l’exemple. L’initiative de la lutte armée allait, au début, à l’encontre du sentiment de la population. L’initiative, parfois, à vrai dire souvent, signifie aller à contre-courant. Tant que cela fait avancer la cause sacrée, il ne faut donc pas hésiter. 
  • Savoir manœuvrer est un art à conquérir dans la pratique. La politique est faite d’avancées, de revirements, de détours. Apprendre à manœuvrer, l’accepter comme faisant partie du « jeu » est une nécessité. Nous devons être plastiques pour suivre les évolutions afin de comprendre l’époque. Il en aura fallu de la plasticité pour faire sien les passages d’une stratégie de « classe contre classe » à celle du Front Populaire et du drapeau rouge et tricolore main dans la main. Ou encore le revirement de l’antifascisme à la lutte contre la guerre impérialiste (pacte Ribbentrop-Molotov). Chaque moment était juste, l’Histoire l’a montré mais sur le moment rien n’était moins évident pour la militance.
  • Seule la violence est la grande accoucheuse de l’Histoire, la mère de tous les changements, de toute politique émancipatrice. Nous devons garder toujours en tête ce grand principe révolutionnaire. Si nous gardons cela à l’esprit nous éviterons bien des errances et des trahisons. Nous refuserons la corruption du capitalisme, la tentation de la chose facile. Il n’y a de pire venin pour toute politique authentique que le mensonge d’une Révolution sans larmes et sans armes. C’est quand le dirigeant du Parti communiste en 1947, au détour d’une interview, a dit de manière explicite qu’on pouvait se passer de la dictature du prolétariat pour faire la révolution, que l’instrument révolutionnaire a commencé à se dissoudre dans l’Etat bourgeois. Rien ne s’est fait d’un coup, et comme l’eau qui érode la pierre, l’organisation du prolétariat s’érode au contact de l’Etat bourgeois. Ce processus, à la fin, aboutit à la dissolution de l’organisation du prolétariat, et au renforcement de l’exploitation sur la classe ouvrière et les Masses par la bourgeoisie. En voulant épargner le sang et les larmes, on maintient et accentue inévitablement  les misères des Masses au centuple. Précisions importantes, ce phénomène touchera les Masses de France mais aussi celles des pays que la France domine économiquement.

Il y a bien d’autres enseignements (et lois) mais ceux-ci se révèlent essentiels à notre stade et à notre époque. Nous découvrirons bien d’autres choses dans la pratique militante de notre quotidien. Aucun problème n’a pas de solution, aucune solution n’ouvre pas le champ à d’autres problèmes. C’est un processus sans fin, c’est celui de la connaissance. L’Histoire de France du mouvement ouvrier et spécifiquement Communiste est d’une richesse immense qu’il nous faut sonder, afin d’en retenir des enseignements pour aujourd’hui. Le Parti sera reconstitué car c’est le sens du mouvement de la matière vers le Communisme, mais le plus tôt sera le mieux.

Ainsi, ce 30 décembre 2021, 101 ans après la constitution de ce qui deviendra le PCF, nous pouvons être certain que l’organisation de combat du prolétariat, aujourd’hui révisionniste et intégrée à l’Etat bourgeois, sera inévitablement reconstituée dans une âpre lutte entre le nouveau et l’ancien. Ne doutons pas que par un juste travail révolutionnaire, le prolétariat la rechoisira comme avant-garde pour le guider vers le socialisme.

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