samedi 20 avril 2024
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Gloire aux grévistes de Vertbaudet !

Du 20 mars au 2 juin, 72 salariés de l’entrepôt Vertbaudet à Marquette-lez-Lille ont mené une grève pour réclamer des augmentations de salaire. Depuis leur embauche, elles (car ce sont majoritairement des femmes) sont quasi toutes au SMIC, quelle que soit leur ancienneté dans la boîte alors qu’elles travaillent dur, se lèvent tôt et sont souvent mères isolées. Après la signature par les traîtres de Force Ouvrière (FO), syndicat majoritaire dans les urnes, d’un accord à ras des pâquerettes (on a entendu parler de 0 % d’augmentation…) avec les patrons, les revendications de la grève des Vertbaudet sont les mêmes depuis ses premiers jours : une hausse de 150 € net/mois.

Le piquet, animé par les grévistes 24/7 qu’il pleuve ou qu’il vente, a été soutenu par les nombreux passants et camarades venus prêter main forte. Personne n’a hésité à s’arrêter pour contribuer à la caisse de grève et les voitures de riverains klaxonnaient en passant par soutien. La solidarité de classe a fait ses preuves : les salariées en grève n’ont pas perdu un seul centime de leur salaire !

Pourtant, elles ont dû faire face à de nombreuses attaques. La direction a été particulièrement injurieuse en prononçant des phrases du type « le travail c’est comme la sodomie, si tu mets pas de vaseline, ça coince ». Elle a continué en propageant des rumeurs fausses pour disqualifier les militantes auprès des autres salariées, inventant qu’elles auraient refusé des augmentations, qu’elles ne voulaient pas travailler… Elles ont fini par retrouver leurs casiers tagués ; et pour compléter le tout, l’entreprise a envoyé un huissier « estimer les dégâts » du mouvement. Il a lui-même distribué aléatoirement des amendes de 1 000 € à certaines grévistes, croyant décourager les femmes mobilisées pour leurs conditions de vie.

Et quand ce n’était pas le chefaillon qui calomniait pour casser la grève, c’est la police qui cherchait à intimider en menaçant directement le piquet de grève. Les flics étaient postés continuellement aux alentours de l’entrepôt, prêts à réprimer : on a assisté à des arrestations violentes, des camarades ont subi de longues GAV avant d’être libérés sans charge. Un délégué CGT Vertbaudet a même subi un véritable kidnapping par une voiture de police banalisée, finalement relâché au bout de quelques temps dans une commune voisine, dépouillé de son portefeuille, humilié.

Comme si ça ne suffisait pas, car le patronat est prêt à tout pour éliminer chaque obstacle à ses intérêts, au même moment, 6 salariées mobilisées et identifiées comme les « têtes » du mouvement ont reçu des convocations pour des entretiens préalables à licenciement. Les moyens colossaux déployés par leur patron pour tenter de mater la grève a été estimé à environ 2 années d’augmentation de salaire dans les conditions exigées.

Mais les militantes, pour la plupart primo-grévistes, n’ont jamais perdu espoir dans leur lutte. Elles ont été chaque jour autant à reconduire la grève et à tenir le piquet. Elles ont prouvé leur détermination à plusieurs reprises, notamment en intensifiant le rapport de force par le blocage de leur site. Les locaux ont plusieurs fois été envahis pendant que la direction se cloîtrait dans son bureau. Elles sont parvenues à engendrer d’énormes pertes à l’entreprise (environ 6 000 € par camion bloqué).

Au bout de presque 3 mois, la direction a cédé. Elle a accepté de signer une augmentation générale des salaires, de 90 à 140 € net (selon l’ancienneté), des revalorisations diverses (reclassifications, primes, clause de revoyure…) et l’embauche de 30 intérimaires en CDI. Les grévistes ont obtenu l’abandon total des sanctions.

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