jeudi 22 février 2024
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La militarisation de l’État et la croissance du mouvement propalestinien

Depuis maintenant un mois, le monde entier est secoué par une vague de protestations des peuples, soutenant la juste lutte de la nation palestinienne pour sa libération. En France, la lutte pour défendre la Palestine est au centre de toutes les attentions, et attire les foudres du gouvernement corrompu, qui défend bec et ongles le narratif sioniste et le génocide en cours à Gaza.

Depuis toujours, les manifestations et actions propalestiniennes en France ont été reçues avec amertume par nos dirigeants : c’est normal, car en attaquant le sionisme on attaque directement les intérêts des capitalistes français, de toutes les grandes entreprises qui sont liées de près ou de loin à la colonisation israélienne. Si l’on enquête correctement, on voit qu’absolument TOUS les monopoles économiques français qui nous exploitent ici pour des salaires de misères ont un rôle financier ou matériel dans la colonisation de la Palestine. Le régime actuel étant complètement soumis à la Bourse, il ne pourrait faire autrement que réprimer toute voix combative qui s’élève contre la Nakba. Mais depuis quelques années déjà, avec l’intensification croissante de la Résistance palestinienne, le pouvoir réagit de manière épidermique : il faut se rappeler des manifestations contre les bombardements et massacres d’il y a 2 ans, qui avaient été sévèrement réprimées dans toutes les villes et principalement à Paris. La police avait matraqué, gazé, arrêté de nombreuses personnes après que le ministre de l’Intérieur avait choisi d’interdire toutes les manifestations de ce type. Déjà, nous étions nombreux à alerter la population face à de telles menées antidémocratiques.

Cette fois-ci, Macron, Darmanin et toutes les marionnettes soumises au capital ne se cachent plus du tout : la répression est totale. Dès le début du mois d’octobre, chaque manifestation propalestinienne a été systématiquement interdite et des amendes ont été distribuées en masse ; et cela continue jusqu’à aujourd’hui, au mépris de leurs propres lois, au mépris de la constitution, au mépris de la démocratie la plus élémentaire. Sortir un drapeau palestinien à notre fenêtre peut nous valoir une garde à vue et une amende ; de simples tweets de soutien à la population Gazaouie par Benzema deviennent des « apologies du terrorisme » ; et toute organisation ou groupe n’ayant pas renié ses principes par peur de l’État est menacé de dissolution. Tout cela est vécu comme une injustice criante par les masses populaires, qui portent dans leur cœur le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes : comment peut-on oser inverser les rôles et écraser le noble combat palestinien ? Ce sont les sionistes qui méritent ce traitement, eux qui massacrent, qui mutilent, qui enferment depuis plus de 70 ans. On marche sur la tête : ce sont eux que toutes les chaînes de télévision devraient insulter et dénoncer comme terroristes, ce sont les lobbies sionistes qui devraient être dissous !

Il ne peut pas en être autrement : l’Etat ne réfléchit pas en fonction du peuple, mais en fonction de la classe dominante, de ses intérêts financiers à plus large échelle. Ce qui semble logique, admis et qui passe pour de la simple humanité pour nous, n’est qu’un vil calcul froid et subjectif chez eux. Leur vision du monde est ensuite diffusée par tous les canaux possibles, et voilà comment on inverse le réel : les bourreaux deviennent les victimes.

Nous faisons face à une véritable offensive de la part du ministère de l’Intérieur, qui représente la militarisation et la réactionnarisation plus globale de la société. Avec l’excuse de « l’antisémitisme » ou du « terrorisme », l’Etat réprime aujourd’hui toute voix contestataire et applique des sanctions lourdes. Les forces de sécurité (police comme services de renseignement) sont mobilisées à fond, comme elles ne l’ont pas été depuis bien longtemps pour un sujet touchant à la situation extérieure (qui, au fond, est bien aussi une « situation intérieure !). Encore une fois, cela prouve clairement que les capitalistes français ont de puissants intérêts à défendre au Moyen-Orient, et c’est pourquoi ils se rangent systématiquement du côté sioniste, et traitent le peuple Palestinien de « terroriste ».

Face aux luttes croissantes en Palestine comme en France, le vieil ordre use donc de nombreuses excuses pour passer un nouveau cap dans la réactionnarisation. Après la bataille des retraites et surtout le Glorieux Soulèvement de juin 2023 suite au meurtre de Nahel, où celui-ci a fait face à sa propre faiblesse, il ne reste pas d’autre choix que d’accélérer le mouvement. Toujours plus de flics, partout ; toujours plus de caméras, de surveillance policière ; toujours plus d’interdictions de rassemblement, de dissolutions, de coups de pression contre les activistes, de condamnations. Tout cela se rode petit à petit, et pave la voie au développement du fascisme en France ; chaque année, l’Etat s’enfonce toujours plus dans ses contradictions, lutte après lutte.

Contre cette nouvelle grande vague d’attaques du ministère de l’Intérieur, qui ne représente en fait que la peur des puissants de perdre définitivement la main, nous devons unir toutes les forces progressistes et démocratiques. Celles et ceux qui ne peuvent pas accepter d’arrondir leur discours ou de timorer leurs actes sous prétexte de se voir attaqués par un Etat en fin de vie doivent se tenir côte-à-côte dans la bataille qui s’annonce. Il faut porter un autre son de cloche, dénoncer les mensonges et rétablir la vérité. Le combat en cours est un combat juste, pour la démocratie, la libération et l’indépendance nationale en Palestine, un combat séculaire qui entre en contradiction avec les tenants du vieux monde chez nous aussi.

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