mercredi 24 juillet 2024
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Les femmes palestiniennes luttent !

Le comité de rédaction de Nouvelle Epoque a choisi de publier cette tribune du Comité Féminin Populaire (CFP).

Dimanche 14 octobre, un arrêté d’expulsion a été prononcé en urgence à l’encontre de Mariam Abou Daqqa, militante palestinienne, membre du FPLP, âgée de 72 ans, prétextant une « menace grave à l’ordre public ».

Dans le cadre d’une série de conférences traitant du droit des femmes en Palestine, Mariam s’était vue accorder un visa de 50 jours lui permettant de rester en France le temps de l’événement, puis de repartir dans son pays, la Palestine. Nombre de ces conférences sont tombées, bien avant les évènements du 7 octobre en Palestine occupée, sous le coup de la censure. Les nouvelles avancées de la résistance en Palestine ont poussé le gouvernement français à intensifier la criminalisation des soutiens à la résistance, et a prononcer cet arrêté d’expulsion à l’encontre de la militante palestinienne. Bien que sa présence en France soit uniquement liée aux droits des femmes, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a jugé, le 14 octobre 2023, que la militante de 72 ans représentait « une menace grave à l’ordre public », prononçant alors un arrêté d’expulsion à son encontre. Le 15 octobre 2023, un second arrêté, prononcé par le préfet des Bouches-du-Rhône, Christophe Mirmand, assigne Mariam à résidence pour une durée de 45 jours, dans la ville de Marseille où elle a été arrêtée.

Le 18 octobre 2023, Mariam saisit le juge des référés pour faire invalider l’arrêté d’expulsion et l’arrêté d’assignation à résidence, mais aussi dénoncer les deux arrêtés précédemment cités comme une atteinte grave à sa liberté d’expression ainsi qu’à sa liberté d’aller et venir. C’est le 20 octobre 2023 que le juge des référés ordonne la suspension de l’arrêté d’expulsion, déterminant que la présence de Mariam Abou Daqqa en France ne représente pas une menace urgente, ni même une menace.

Justifiant l’arrêté d’expulsion, il est notamment reproché à Maryam Abou Daqqa de s’être exprimée en faveur de la libération de Georges Ibrahim Abdallah, militant communiste libanais et combattant pour la Palestine, enfermé en France depuis 40 ans, mais aussi d’avoir posé avec une banderole « On ne censure pas la lutte d’un peuple, Palestine vaincra ! ».

Face à ces attaques, qui nous le rappelons ont commencé avant le déclenchement des opérations de résistance armée en Palestine, il est important de réaffirmer ce mot d’ordre : on ne censure pas la lutte d’un peuple ! Palestine vaincra !

Nous choisissons donc de retranscrire ici une partie des propos partagés par Mariam Abou Daqqa lors de ses conférences, où nous avons eu l’occasion d’échanger avec elle.

Mariam est née et a grandi à Gaza, en Palestine. C’est à l’âge de 15 ans qu’elle commence à se battre contre l’occupant sioniste. Après avoir été enfermée dans les prisons israéliennes, elle à été condamnée à l’exil, avant de pouvoir retourner à Gaza. Elle est titulaire d’un doctorat en philosophie sur l’émancipation des femmes dans les cultures arabes.

En plus de se battre pour la libération de son pays, Mariam est particulièrement impliquée dans la lutte pour les droits des femmes : elle a fondé et organisé des comités féminins pour l’éducation des femmes, l’entraide populaire et le soutien aux prisonnières politiques. Elle a participé à la mise en place de groupes d’études pour femmes pour leur permettre de travailler, premier pas vers leur émancipation, premier pas vers l’implication dans la vie politique.

L’implication des femmes dans la vie politique est une condition essentielle de la lutte pour la libération de la Palestine. La libération de la Palestine ne peut se produire sans un combat acharné et uni contre l’occupant, ainsi il est essentiel que les femmes fassent partie intégrante des forces de résistance, tant dans la vie quotidienne que dans les instances politiques de la résistance. Mariam ne cesse de lutter contre les lignes opportunistes et capitulationnistes divisant le peuple palestinien, entre croyants et non-croyants, entre diaspora et habitants de Gaza, entre hommes et femmes.

La place de la femme dans la résistance est toujours mise au second plan ; les colons et impérialistes voudraient faire croire que les femmes palestiniennes ne résistent pas – ou alors seulement sous les ordres d’un homme -, qu’elles ne prennent pas les armes et attendent qu’on vienne les sauver de la guerre. Les femmes palestiniennes, comme toutes les opprimées, luttent âprement contre l’oppresseur et elles le font consciemment, car elles ont raison de se révolter et elles le savent.

Les Palestiniennes sont pour la paix, mais elles ne sont pas crédules et elles savent, bien mieux que quiconque, qu’il n’y aura de paix que lorsque que la Palestine sera libre.

Aucun effort ne peut éteindre le feu de la résistance, et tant que les bombes tomberont sur Gaza, tant que la voix du peuple sera étouffée, nous diffuserons la voix des opprimés, nous défendrons la juste lutte du peuple et nous porterons au plus haut partout dans le monde le drapeau de la révolution pour mettre fin à l’oppression.

On ne censure pas la voix du peuple, Palestine Vaincra ! Avançons sans trembler, Gaza va triompher !

Liens utiles :

https://arts-culture-palestine.org/Mariam-de-la-lutte-armee-aux-droits-des-Femmes

http://paris.tribunal-administratif.fr/content/download/216336/2047175/version/1/file/2323894_20102023.anon_compl.pdf

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