mercredi 24 juillet 2024
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Lutte des employés de Vertbaudet et pratiques fascistes

Depuis plus de deux mois 72 employés de Verbaudet sont en grève pour une augmentation de salaire que la direction leur refuse, malgré les profits records de l’entreprise : 0% d’augentation, des salaires qui stagnent proches du SMIC alors que l’inflation fait s’envoler les prix, les employés majoritairement des femmes, ont entrepris de lutter en se mettant en grève. Pour toute réponse les grévistes ont subi une descente de police le 16 mai pour mettre fin à un blocage par la violence, une employée violentée a du faire un séjour à l’hôpital et en est ressortie avec une minerve. Plus tard un homme a été embarqué des “policiers en civil” armés pour être tabassé et intimidé, volé et déposé à 10km de chez lui, sa femme et son fils ont été menacés. Voilà avec quelles méthodes le patronat tente de dissuader de faire grève, et le voilà le rôle du fascisme dans notre société. Car il s’agit bien de méthodes fascistes, que les hommes armés soient policiers ou non ne change rien à l’affaire.


Banderole réalisée par les militants de la Maison du Peuple de Toulouse. Un tractage a aussi été réalisé à l’occasion d’un rassemblement syndical. Source : Nouvelle Epoque

De plus en plus d’attentats sont le fait de l’extrême droite : maison et voiture d’un maire incendiés, syndicalistes tabassés, défilés aux slogans racistes. La France comptabilise la moitié des attentats fascistes déjoués en Europe. Pour comprendre ce phénomène il faut définir ce qu’est le fascisme et comprendre dans quel contexte il s’inscrit.

Le fascisme est la roue de secours du capitalisme en temps de crise : lorsque la bourgeoisie voit son pouvoir menacé par la révolution elle abandonne la façade pseudo-démocratique pour imposer une dictature ouverte sur la société en mobilisant les éléments les plus chauvins et réactionnaires. Autrement dit il ne peut y avoir de régime fasciste sans menace révolutionnaire, et ce ne sont pas les groupuscules fascistes déconnectés des masses qui vont amener le fascisme, ce choix appartient à la grande bourgeoisie financière. Celle-ci a besoin d’une relative stabilité pour pouvoir imposer sa dictature “normale” c’est à dire sa dictature de classe sous la forme de la république bourgeoise à la société. Pour faire adhérer à son régime la bourgeoisie a besoin de lâcher du lest avec des droits et libertés.

Le mouvement social contre la réforme des retraites a montré un regain de combativité et de détermination dans les masses, et ce regain inquiète la bourgeoisie qui a recours de plus en plus à des moyens répressifs en plus d’une propagande éhontée pour déformer la réalité. C’est ce qui pave la voie au fascisme, le terrain est préparé par la bourgeoisie pour le moment où elle aura besoin de se défendre jusque dans ses derniers retranchements, ce n’est pas encore le fascisme. Historiquement en France c’est une intervention de l’armée qui marque les moments de crise de régime. Cette réactionnarisation est accélérée par le fait que nous connaissons des mouvements de masse combatifs, parce qu’on ne se laisse pas facilement marcher sur les pieds et parce que nous avons lutté pour avoir des droits. C’est cette raison là qui pousse les fascistes à multiplier leurs attaques, ils ont en face d’eux un peuple qui déteste l’autoritarisme et l’arbitraire et qui a une longue et glorieuse histoire de lutte.

Face aux pratiques fascistes et aux intimidations nous devons farouchement nous défendre, car la crise s’approfondit et que ces événements vont se reproduire de plus en plus, ces attaques honteuses et anti-peuple ne sont pas oubliées, elles doivent être dénoncées pour ce qu’elles sont: des attaques des larbins du régime. Nous apportons tout notre soutien et notre solidarité de classe avec les grévistes de Verbaudet qui se battent pour leurs salaires, pour pouvoir s’occuper de leurs familles dignement.

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