lundi 5 décembre 2022
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QUAND LA BARBARIE COLONIALISTE FRAPPAIT L’ALGERIE…

Nous partageons ce texte issu du CRI (Collectif Rouge Internationaliste pour la défense des prisonniers politiques révolutionnaires).

LE 8 MAI DE LA RESISTANCE DU PEUPLE ALGERIEN

Le 8 mai 1945 marqua partout dans le monde la victoire sur le nazisme. Dans les pays colonisés, les peuples opprimés –qui luttaient déjà depuis plusieurs années pour leur autodétermination – au vu de la nouvelle situation au sortir de la guerre, voulurent imposer leur indépendance – promise par ailleurs par la Charte de l’Atlantique. C’était sans compter sur l’arrogance de la bourgeoisie Française qui entendait bien conserver son empire colonial par tous les moyens. Sur ordre du général de Gaulle, les manifestations pacifiques du 8 mai 1945 en Algérie furent réprimées dans un bain de sang. Les massacres de Sétif, Guelma, et Kheratta – lors desquels des dizaines de milliers de civils Algériens ont été assassinés par la police, la gendarmerie, les milices armées et l’armée coloniale Française – prolongeaient alors la logique du système colonialiste et ses innombrables crimes contre l’Humanité, au nombre desquels on compte le massacre des tirailleurs Sénégalais à Thiaroye le 1er décembre 1944, celui des manifestants et syndicalistes du Cameroun en septembre 1945, les victimes du bombardement de Damas du 29 mai 1945, les victimes de l’intervention du 23 septembre 1945 à Saigon en réponse à la proclamation de la République Démocratique du Vietnam, celles du bombardement de Haiphong en novembre 1946, ou encore, les massacres de Madagascar de 1947 à 1948 pour punir l’insurrection Malgache anticoloniale.

Cet épisode de l’Histoire Algérienne fut une nouvelle démonstration que le colonialisme et l’occupation ne peuvent être que combattus par la lutte du peuple en armes. La résistance armée Algérienne fut alors l’une de ces justes luttes de libération nationale qui émergèrent de cette période historique de l’après seconde guerre mondiale. Il est nécessaire de défendre encore aujourd’hui la légitimité de ces luttes. Et ce, particulièrement à l’heure où la bourgeoisie Française continue à être colonialiste dans son essence (Note : Nouvelle Epoque considère que la bourgeoisie n’est pas colonialiste en essence mais impérialiste) et son discours et où l’Etat Français persiste à asseoir sa domination par l’occupation complète encore de certains territoires ou encore par ses interventions militaires directes ou indirectes. Ainsi, l’Etat bourgeois ne justifie-t-il pas aujourd’hui l’étranglement des colonies des Antilles et de l’Océan Indien par le statut de « département », le même qui fut attribué autrefois à l’Algérie ? Et n’entendons-nous pas toujours s’exprimer les voix des revanchards de l’impérialisme Français envers l’Algérie par le biais des hommes politiques ou des intellectuels fascistes et réactionnaires qui n’ont jamais accepté la décolonisation et qui continuent à présenter les Algériens de France comme des barbares à combattre – qu’ils soient assimilés à de la « racaille » ou à des « terroristes » ?

Les exemples de cette réaction toujours très vivace ne manquent pas. « Soit ils sont Algériens, soit ils sont Français » a déclaré ainsi le réactionnaire de service Eric Zemmour. En réalité, de nombreux ouvriers Algériens qui ont enduré une vie d’exploitation au service des capitalistes, sont récompensés aujourd’hui par la privation de leurs retraites, par une vie de misère et sont souvent les premières victimes des maladies dites « professionnelles ». A Béziers, le maire FN, Robert Ménard a débaptisé la « rue du 19 mars 1962 », date des accords d’Evian pour la renommer « rue commandant Denoix de Saint Marc », prétendu « héros Français », en vérité tortionnaire de la guerre d’Algérie et participant au putsch des généraux en 1961. Ou encore, de François Fillon à Marine Le Pen, les éléments les plus réactionnaires de la bourgeoisie contestent les massacres d’Algériens à Paris le 17 octobre 1961, salissent la juste lutte du FLN et exigent la repentance de l’Algérie pour avoir réprimé les collabos de l’occupation Française.

Commémorer ces massacres commis contre le peuple Algérien ne peut être un acte sincère que s’il s’accompagne de la dénonciation ferme du système impérialiste, pire ennemi des peuples en ce XXIème siècle, et particulièrement de la dénonciation du colonialisme Français d’hier et d’aujourd’hui. On ne peut aussi oublier que ce colonialisme Français accompagne son système d’exploitation et d’occupation d’actes atroces envers les peuples : contre par exemple ceux des Comores et de Kanaky ou encore contre les indépendantistes Corses et Basques qu’il emprisonne ; ou encore contre les syndicalistes en Guadeloupe qu’il réprime… On ne peut aussi jamais oublier ni pardonner les crimes de l’armée Française dans les nombreux pays où elle intervient, – crimes encore révélés dernièrement avec les récents viols d’enfants en Centrafrique. On ne peut enfin oublier que la lutte des peuples contre leurs oppresseurs est toujours une lutte juste et légitime, et qu’elle est d’autant plus d’actualité comme par exemple en Palestine.

Le CRI Rouge s’associe à la douleur du peuple Algérien et à ses revendications de justice. Il s’oppose à la politique raciste de l’Etat bourgeois Français visant à désigner un «ennemi intérieur» sur la base de sa nationalité ou de sa religion. Il réaffirme que les peuples devront se rendre justice eux-mêmes des crimes du colonialisme et de l’impérialisme.

Le Collectif Rouge Internationaliste pour la défense des prisonniers politiques révolutionnaires
lecri.rouge@gmail.com

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