lundi 5 décembre 2022
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Sur la récente campagne de graffitis sur les locaux du “PC”F

Divers locaux du “PC”F (“Parti Communiste” Français) ont été récemment tagués dans plusieurs villes du nord de la France, avec le même slogan : “Fabien Roussel traitre au prolétariat / PCF Traitre”. Non seulement, aucun texte explicatif n’est venu appuyer ces actions, mais en plus, le “PC”F a porté plainte pour dégradations.

Nous affirmons tout de suite que nous ne critiquons pas la violence en soi, ni son utilisation en général. Nous pensons que la violence est la grande accoucheuse de l’Histoire, et qu’aucun changement n’est possible sans elle, c’est une principale ligne de rupture avec le révisionnisme.

Mais nous nous demandons si il est opportun, au vue de la faiblesse des forces subjectives pour la Révolution, correspondant avec une période d’intense réactionnarisation, de braquer de cette manière les projecteurs de la répression sur les organisations luttant contre le révisionnisme et le capitalisme. Nous posons cette question car les actions ont été reconnues et assumées par les organisateurs via internet.  Rien que ce fait là peut nous questionner sur le sérieux de l’action, sachant que ces dernières n’étaient à la base pas signées, ce qui était juste, respectant ainsi une des règles minimum de sécurité.

Nous considérons qu’il aurait fallu au minimum expliquer la démarche politique de telles actions et expliquer en quoi cela fait avancer la cause révolutionnaire en France. Nous avons pris le temps d’attendre plusieurs jours avant de rédiger cette critique, dans l’espoir qu’une explication politique verrait le jour. Ce n’est malheureusement pas encore le cas.

Ce type d’action publicitaire, à peu de frais, ne combat en aucun cas le révisionnisme, et appuie au contraire les tendances au gauchisme déjà largement assez développées dans les groupes militants en France. Cela tend à nous faire croire que la lutte révolutionnaire est constituée de quelques tags sur des locaux d’une organisation révisionniste en pleine déconfiture, qui n’a strictement plus aucun poids dans le monde du réel, c’est-à-dire dans les masses populaires. Il n’y aucune radicalité rupturiste et révolutionnaire dans le fait de taguer un local du “PC”F en 2022. Et ceci, encore plus lorsqu’aucun ou si peu de travail de masse n’est effectué conjointement pour constituer un courant d’opinion favorable et ainsi faire avancer notre cause.

Le révisionnisme se combat en appliquant le Marxisme dans la pratique. C’est-à-dire que l’Idéologie du prolétariat doit, avant tout, se montrer dans le monde social, celui de la lutte des classes, au milieu des masses les plus opprimées. Dans ce sens, nous récusons la forme du “débat politique” qu’avancent le “PC”F et le M“JCF”.  Quand nous aurons conquis cette position, le révisionnisme sera attaqué dans les faits, et nous pourrons démontrer par A + B que ces gens-là ne sont tout simplement pas les serviteurs du prolétariat. Mais en vérité, les masses le savent déjà, le “PC”F est depuis un moment vidé de toute substance prolétarienne. Sa direction, d’ailleurs, fait tout pour enterrer ce qui pourrait rester de prolétaire dans l’organisation. Fabien Roussel est la parfaite caricature pitoyable d’une fin de vie difficile, son chauvinisme franchouillard est à mille lieux de toute politique émancipatrice prolétarienne.

Nous devons lutter bec et ongles contre le vide et la facilité de l’activisme à la petite semaine. L’exigence doit guider nos pas afin de soutirer le prolétariat de l’influence destructrice de la bourgeoisie et de la petite-bourgeoisie, nécessité primordiale pour reconstituer la classe pour soi. En premier lieu, cela implique de rompre définitivement avec les pratiques vides, hors-sol, insignifiantes au possible et révélatrices d’un milieu militant à bout de souffle. Les activistes les plus sérieux du “milieu” militant commencent déjà depuis quelques temps à observer les limites et les contradictions de ces pratiques, qui paraissent jeunes mais qui n’ont jamais été aussi vieilles. La seconde nécessité, dialectiquement unie a la première, est de continuer de manière dynamique et rigoureuse notre implantation dans les masses les plus profondes. A leur contact, nous comprenons le monde, nous découvrons le chemin de la Révolution. Nous voyons ainsi le monde réel apparaître devant nos yeux, et il est très éloigné des clichés et des options faciles que certains véhiculent par manque de profondeur idéologique ou par déviance petite-bourgeoise, l’un étant lié à l’autre.

La complexité de la situation nous enjoint de marcher avec prudence et à pas feutrés. La réactionnarisation n’est pas une fable pour enfant, elle est bien réelle : il suffit de voir les nombreuses organisations dissoutes administrativement en ce moment, les nombreuses pages internet censurées, les militants emprisonnés, etc. Il nous faut au minimum brouiller les pistes, et ne pas se comporter comme un éléphant dans un magasin de porcelaine.

Avec cette “campagne”, nous avons exactement le paradigme de ce que doivent dépasser les organisations prolétariennes en reconstruction.

Sans pour autant renier la violence révolutionnaire, ou prôner l’accumulation pacifique des forces en attendant le bon moment pour renverser la table – deux tares dont sont coupables la grandes majorité des organisations révolutionnaires aujourd’hui -, nous ne devons pas non plus nous lancer dans une course effrénée vers l’avant, dans une fuite en avant perpétuelle, vide de contenu et de résultats, dans le seul but de ressentir les frissons de l’excitation de l’illégalité ; tout cela pour, au final, s’éloigner encore plus des masses et de la stratégie à adopter pour gagner ces dernières.

Nous appelons, pour terminer notre article, tous les sympathisants et sympathisantes du boycott des élections présidentielles de 2022 à intensifier leurs efforts et leurs actions  dans cette dernière ligne droite avant le premier tour de la mascarade électorale !

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